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Dre Ar Wenojenn

par les chemins du Centre Bretagne

du 8 novembre au 31 décembre 2003

7ème édition


PROGRAMME DAW 2003

Edito

« La "liberté de création" du monde capitaliste n'est que l'expression de son mépris à l'égard de la portée profonde des créations de l'esprit. » E. Vittorini 26 juin 1947

Depuis 7 ans, DRE AR WENOJENN (par les chemins…) mène un projet alternatif en milieu rural sous forme d'un « festival » d'une durée de 2 mois sur le « Pays » du Centre Ouest Bretagne. Nous nous étions donné cette période de maturation pour installer notre projet à l'année.

Voici donc notre 1ère saison 2003/2004 qui s'ouvre sous forme d'un programme trimestriel.

1er volet du 8 novembre au 31 décembre, au moment même où nos pratiques artistiques et culturelles sont méprisés, que le régime des professionnels du spectacle est gravement menacé. Bref, Noël approche et ça sent franchement le sapin ! Passé le 31 décembre, ANKOU achèvera la besogne soigneusement orchestrée par MEDEF et ses complices fossoyeurs (gouvernement et CFDT)… Quelques 35 000 professionnels du spectacle et leurs familles dans la grande charrette !

Les communes du Centre Bretagne ressentiront pleinement les conséquences du nouveau dispositif à l'heure même où le Pays Centre Ouest Bretagne et ses partenaires (État / Région) mettent en place une politique culturelle et des outils (une plateforme d'accompagnement, des aides aux projets artistiques et culturels, etc.).

Ubuesque, puisque dans le même temps on nous « statistique » une disparition de 70% des artistes en Centre Bretagne. Si l'artiste professionnel est parfois en représentation (sur scène) il ne faut pas oublier son rôle de formation, transmission vers les jeunes générations… CHARRETTE !

Pour DAW, le 31 décembre sera l'occasion d'organiser LE GRAND REVEIL(LON) des intermittents. Dernier acte avant de baisser le rideau ? LA GRANDE PANNE du spectacle vivant en France ! Ou nouvel acte, parce que le mouvement avec l'ensemble de la profession, élus et public - parce que le « NOUS » aura réussi à enrayer cette grande entreprise de démolition sociale et obtenu la RENEGOCIATION du protocole du 26 juin dernier.

Pour l'heure, DAW participe au mouvement en allant à la rencontre des élus, en tentant de vous informer au plus près, en organisant des rendez-vous réguliers sur des thèmes que vous trouverez exposés dans ce site.

Nous avons choisi pour cette ouverture de saison une forte présence d'artistes d'ici, rappelant ainsi la vitalité de la création artistique dans cette région - Les artistes programmés et techniciens s'exprimeront chaque jour sur leurs modes d'action. Nous les accompagnerons dans leurs décisions.

CultuRalité - CultOralité - PolYculture / Musiques d'ici et d'ailleurs - Arts de la Parole - Arts Visuels - Danse contemporaine - Spectacles jeune public - débats-rencontres et…

Rendez-vous au tas de cendres !

VIVE LA VIE !

Bertrand DUPONT et l'équipe de DAW

 

Les Rendez-vous

Le Cinéma

Le Bus-Cabaret en tournée en Centre Finistère

La Gwerz avec André Markowicz

Les Boeufs endimanchés à la Grande Boutique tous les dimanche de décembre

Le Spectacle de Noël avec Cirk (Théâtre de Marionnettes)

Le Grand Réveillon

 

Lettre du violoniste Dominique PIFARELY à Jean Jacques AILLAGON

Paris, le 8 août 2003

Monsieur le Ministre,

Que vous dire qui n'ait déjà été clamé mille fois ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années ?Simplement tenter de vous donner un exemple auquel, peut-être, vous n'avez pas pensé.
Nous allons vous parler d'un musicien qui travaille professionnellement depuis 25 ans. Ajoutons 15 pour les années de formation. Il donne des concerts dans les festivals français et étrangers, joue dans les théâtres, dans de multiples lieux de concert. Il prolonge sa formation en permanence, par l'exercice quotidien, l'étude de nouvelles techniques, de nouveaux styles, l'écriture, les rencontres d'artistes plus expérimentés ou la confrontation avec les plus jeunes, le travail et l'engagement à très long terme avec certains compagnons de route, les créations régulières, le croisement des disciplines, l'écoute et le regard en alerte, la rigueur toujours à entretenir. Cet engagement se transmet, se communique par contact : ce musicien va donc régulièrement à la rencontre de l'autre hors du lieu de la représentation ou du concert, à l'école, au collège, sur le terrain quotidien de ce qu'on nomme aujourd'hui les publics, qu'il préfère appeler les gens, ses semblables.
Cet ensemble d'activités a un effet : l'inscription, plus ou moins importante mais toujours profonde, de l'acte artistique de ce musicien dans le système de relations de son temps. Il joue, il enregistre, il publie régulièrement. Chroniqué dans les médias, il semble être une référence pour beaucoup. Il est repéré, il participe donc visiblement à la vie culturelle. Il ne triche pas : il travaille. Il n'appartient pas au marché, mais à ce tissu de la création que ses collègues d'Europe et d'ailleurs lui envient.
Pour autant, étant au centre de ce réseau - de création, de diffusion, de transmission, de présence sur le terrain -, il connaît d'ores et déjà les difficultés que d'aucun promettent désormais aux faux professionnels : il ne réunit que péniblement (selon l'ancien système) les fameuses 507 heures de travail déclaré, et ce en moyenne une année sur trois. Autant dire que l'avenir que lui réserve le nouveau protocole lui est sombre. Mais ce n'est pas seulement une histoire de survie au jour le jour, c'est la question de l'existence sociale dans sa globalité qui se pose à ce musicien, au milieu de son parcours d'artiste et de sa vie d'homme (par exemple, ne pas percevoir d'indemnité, c'est également ne pas cotiser, et donc voir son futur droit à la retraite sérieusement mis en cause…).
Ce musicien, c'est chacun des signataires de cette lettre. Ce ne sont donc pas seulement les jeunes artistes en devenir auxquels on rendrait le chemin encore plus difficile. Ce ne sont pas les tricheurs qui sont menacés, ceux-là trouveront toujours le moyen de tricher. Au centre de la tourmente se trouvent tous les artistes représentatifs d'une pratique non-commerciale, de longue haleine, porteurs d'une exigence, ceux-là mêmes qui défendent au quotidien cette idée de l'art et de la culture dont on dit aujourd'hui qu'elle est une exception.
Nous sommes à la croisée des chemins. Ce pour quoi nous avons travaillé depuis des années est en passe de s'effacer sous nos yeux. Ce en quoi nous avons cru, la possibilité de vivre tous les jours, avec le public, tout ce dont l'art est porteur, devient un mirage. Nous ne sommes pas dupes : nous savons bien ce qui préside, objectivement, à une telle dislocation. Nous voulons simplement, mais fermement, vous dire ceci : nous sommes, parmi tant d'autres, le cœur de cible de cette réforme. Tous les artistes qui ont un engagement réel sur le terrain du spectacle vivant, même avec une activité soutenue et repérée, mais qui n'appartiennent pas à l'industrie culturelle sont à présent menacés de disparaître réellement du corps social. Ce n'est pas une image. C'est la réalité de notre situation, à nous qui écrivons aujourd'hui. Ça ne bouleversera pas le marché, mais ceux qui croient un peu en la valeur de l'expression artistique ne pourront pas dire : je n'avais pas prévu ça.
Veuillez croire, Monsieur, en l'assurance de notre considération distinguée.
Dominique Pifarély, violoniste - Marc Ducret, guitariste - Yves Robert, tromboniste

Témoignage

Les musiciens professionnels de la musique bretonne et le nouveau protocole

Sur une centaine de musiciens professionnels de la musique bretonne, 51 ont été contactés.
41 perdront leurs droits d'ici un an et demi, soit 80 pour cent. Certains sont très connus.
Les 10 “survivants” pensent préserver leurs droits à court terme, mais ne pourront certainement pas “tenir” très longtemps, si certains de leurs camarades perdent leur statut. Il est très difficile pour un groupe d'avoir en son sein des professionnels et des non-professionnels, car cela veut dire jouer de façon moins fréquente, de ne plus pouvoir tourner aussi facilement à l'étranger, d'espacer les répétitions etc.
“Perdre ses droits” veut dire ne plus toucher d'indemnités ASSEDIC et “vivre” seulement de ses cachets, soit en moyenne en musique bretonne des revenus de 7000 ¤ (environ 45 000 F par an, moyenne de 45 cachets à 1000 F nets), sachant que les frais professionnels dans le métier de musicien sont très importants (10 000 à 20 000 km par an + téléphone + instruments + secrétariat +…)
YF Perroches

Renseignements et Informations

DRE AR WENOJENN
Nolwenn BLOUIN & Bertrand DUPONT
Rue Milad - 56 Langonnet

tél. : 02 97 23 90 80
email : d.a.w@wanadoo.fr


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